Jean Jaurès

Ecole Jean Jaurès, Saint Nazaire (44)

INFORMATION IMPORTANTE (18/03/2015)

Ce blog ne sera plus mis à jour. Retrouvez nous désormais à l'adresse suivante :
http://ecole-jjaures-sn.blogspot.fr

6 Février 2015

La classe estuaire des CM2 (juin 2006) - Voir nouveau blog

Souvenirs

  P. Quélard, 14h14 :: :: [0 commentaire]

5 Février 2015

Port autonome - Visite des terminaux de Montoir et Donges (mars 2004)

Souvenirs


VISITE GUIDEE
DES TERMINAUX DE MONTOIR ET DONGES

PAR HONORINE LA PILOTINE


Interview d'Honorine, photographies et mise en page réalisées en 2004 par la classe de CM1-CM2 de Mr Quélard.
Portraite d'Honorine dessinés par Anaëlle, Auriane, Charlyne et Delphine.
HONORINE, LE BATEAU PILOTE

Bonjour, je m'appelle Honorine.

Je suis un bateau qu'on appelle pilotine, du nom de celui qui me conduit, le pilote.
Le rôle de mon patron est de guider les bateaux qui entrent dans l'estuaire de la Loire. En effet, il connaît l'entrée du chenal, une sorte de couloir creusé pour permettre aux navires de passer sans problème sur les fonds sableux du fleuve.
Un pilote n'est pas n' importe qui. Il a eu le bac, puis il a fait cinq années d'études, a dû faire 5 ans dans la marine marchande pour acquérir de l'expérience, et enfin acheter son poste, ce qui lui a coûté 150 000 €. Mais, heureusement pour lui, ses revenus lui permettent de rembourser cet achat en un an.


L’histoire des pilotes à Saint-Nazaire :

Déjà, au début du dix-neuvième siècle, lorsque Saint-Nazaire n’était encore qu’un petit village de pêcheurs de 800 habitants perché sur un rocher (qui est aujourd’hui le quartier du petit Maroc), les pilotes étaient les hommes les plus puissants et les plus respectés car ils étaient les seuls à connaître le passage pour permettre aux bateaux de remonter jusqu’à Nantes. On disait que les pilotes détenaient les « clefs de la Loire » : il en reste encore un vestige aujourd’hui, c’est la clef qui se trouve sur le blason de St Nazaire.


Vous comprendrez donc qu’en tant que pilotine, je suis bien placée pour vous faire visiter le Port Autonome de Nantes Saint-Nazaire, du moins les installations de Donges et Montoir-de-Bretagne.

Mais avant tout, il faut que je vous présente mon ami inséparable, Samuel de Champlain.

LA DRAGUE DU CHENAL

Samuel de Champlain est une drague, c’est-à-dire un bateau qui entretient le chenal et les quais.

Le chenal est une sorte de couloir, une « autoroute à bateaux », que l’on a creusé dans la Loire pour permettre aux bateaux de passer. Sa profondeur est de 16 m. à St Nazaire, mais seulement de 6 m. à Nantes.

Vous comprenez maintenant pourquoi Samuel est mon meilleur ami : sans lui, mon pilote ne pourrait plus conduire les bateaux dans le chenal puisqu’ils resteraient coincés !

Les dragues possèdent un aspirateur qui sert à pomper le sable et la vase au fond du chenal. Sur les grosses dragues, l’aspirateur pèse 7 tonnes ou plus. Quand il est plein, le bateau va ensuite au large et relâche tout ce qu’elle a ramassé en ouvrant sa coque à double-fond.

Pour reconnaître les dragues, c’est simple : elles sont toujours rouges et jaunes (en tout cas à St Nazaire, Montoir-de-Bretagne, Donges et Nantes).

Voici Samuel. Tout au bout, nous voyons son imposant aspirateur orange dont il est particulièrement fier.

Les terminaux de Montoir et Donges


A) LE TERMINAL ROULIER

Notre visite commence par le terminal roulier de Montoir-de-Bretagne, juste au pied du pont de Saint-Nazaire.
Il se compose de deux postes pouvant recevoir des navires rouliers, ou ferries. Justement, le Lineas Suardiaz est à quai…

Ce camion est en train de charger sur le ferry des pièces de voitures construites en France par les usines Peugeot et Citroën. Le ferry les emmènera ensuite à Vigo, en Espagne. Là-bas, on assemblera ces pièces pour fabriquer des voitures que le ferry ramènera ensuite à Saint-Nazaire. Un ferry peut transporter jusqu’à 500 voitures.

Mais pourquoi ne fabrique-t-on pas tout simplement les voitures en France, pour éviter ces va-et-vient continuels ? Tout simplement parce que la main d’œuvre est beaucoup moins chère en Espagne, ce qui permet à Peugeot et Citroën de réduire leurs coûts et d’être plus compétitifs sur le marché automobile.

Mais le terminal roulier, ce sont aussi d’immenses parkings !

D’abord, voici le parking où se trouvent les remorques qui servent à transporter les pièces détachées de voitures.
Elles n’ont pas de tracteur (la partie avant du camion) : ceux-ci viennent les chercher au fur et à mesure des besoins.

Ensuite, voici le parking contenant les véhicules neufs descendus des ferries.
Il peut contenir jusqu’à 3000 véhicules !
Ils partiront petit à petit sur des trains de marchandises ou des camions porte-automobiles, pour être dirigés vers les concessionnaires de la France entière.

Le terminal roulier est un secteur du port autonome qui est en pleine expansion, et il y a de bons espoirs de le voir se développer encore.
Le meilleur de ces espoirs est un projet de développement «d’autoroute de la mer» qui consisterait à transporter les camions sur un ferry pour éviter la surcharge des routes et des tunnels vers l’Espagne.
C’est un projet très écologique, car le transport maritime pollue beaucoup moins que le transport routier.

Mais continuons à remonter la Loire vers notre prochaine étape, le terminal porte-conteneurs.
B) LE TERMINAL PORTE-CONTENEURS

Bienvenue au terminal à marchandises diverses et conteneurs, dont l’activité est en plein essor. Le trafic est de 1,3 millions de tonnes par an. Il a augmenté de 17% en 5 ans.

Pourtant, aujourd’hui, il n’y a pas de porte-conteneurs à quai, les portiques et leurs grues sont donc en train de se reposer bien sagement.
Les porte-conteneurs sont des bateaux qui portent de grandes caisses métalliques appelées "conteneurs".
Ces bateaux peuvent transporter 3 étages empilés de conteneurs, soit jusqu'à 3000 par bateau.

Sur le parking derrière le quai, les conteneurs sont empilés et rangés par client.
Ils peuvent transporter n’importe quelle marchandise (boîtes de conserve, couches culottes, jouets,...)
Les grands conteneurs mesurent 12 mètres de long et les petits 6 mètres.

Les véhicules qui transportent et rangent les conteneurs entre la grue et l'entrepôt à ciel ouvert que nous venons de voir s’appellent des steackers.
Ce sont également ces véhicules qui chargent et déchargent les camions avec leur puissante pince. Ici, le steacker en rouge est en train de charger sur un camion un conteneur qu’il vient d’aller chercher sur l’entrepôt.
L’autre camion, vu de face, vient juste d’être chargé avant lui et s’en va.
Les conteneurs blancs contiennent tous des marchandises qui doivent rester au frais, comme par exemple des produits laitiers. Ils ont donc la particularité d’avoir des moteurs réfrigérants.

Mais dirigeons-nous maintenant vers un endroit très dangereux et sous haute sécurité : le terminal méthanier.
C) LE TERMINAL METHANIER

Le site de Montoir-de-Bretagne, géré par Gaz de France (GDF) est le premier d’Europe pour la réception et le stockage du gaz naturel liquéfié. Pour rendre le gaz liquide, on doit le refroidir à -160° : de cette manière, il prend 600 fois moins de place. Le gaz est importé d’Algérie par un bateau appelé méthanier.

Pas de méthanier aujourd’hui, les bras articulés sont relevés. Impossible de s’approcher plus près, sécurité oblige.

Ces bateaux sont facilement reconnaissables aux initiales L.N.G. (gaz naturel liquéfié en anglais) qu’ils portent sur la coque.

Ils sont peu nombreux, et quand ils rentrent au port, aucun autre bateau ne peut circuler dans l’estuaire et le pont de St Nazaire est surveillé par les gendarmes, au cas où un terroriste aurait l’idée de jeter une bombe sur le méthanier.

Une fois déchargé, le gaz est stocké dans de grandes cuves blanches comme celle qu’on voit à l’arrière-plan. Ces cuves sont prévues pour résister à un crash d’avion, car l’aéroport de Montoir est tout proche.
Le gaz sera ensuite transporté jusqu’à Versailles par un tuyau souterrain appelé gazoduc.

Le gaz naturel liquéfié est un produit inflammable et explosif. Il est également incolore et inodore. L’odeur désagréable et bien connue de la bouteille de gaz qui fuit, est en fait introduite artificiellement pour nous permettre de sentir le danger, sans quoi nous n’aurions aucun moyen de détecter la présence de gaz, que la moindre étincelle peut pourtant faire exploser !

Le terminal méthanier est un site classé « Seveso 2 ». On a créé ce statut pour tous les sites industriels qui présentent un danger important pour les personnes, en souvenir de l’accident survenu en 1976 à Seveso, en Italie, où s’était produit un rejet de dioxine.

Mais bon, parlons de choses un peu moins inquiétantes et un peu plus gaies. Vous avez faim ? Oui ? Ça tombe bien, nous partons maintenant pour le terminal agro-alimentaire !... Mais euh, je ne vous promets pas que ça va être comestible !
D) LE TERMINAL AGROALIMENTAIRE

L’agroalimentaire est de la nourriture qui provient de l’agriculture. Par exemple : déchets de palme, tourteaux de soja (pour les animaux), soja, sirop de mélasse (tiré de la canne à sucre).

Le terminal agroalimentaire se trouve à Montoir-de-Bretagne. Vous tombez bien car aujourd’hui, un vraquier est à quai. Il provient du Brésil et il décharge du tourteau de soja, une sorte de grosse poudre céréalière pour nourrir le bétail.

Au milieu du bateau, un gigantesque bras articulé aspire le tourteau dans la cale.

A l’intérieur, des tractopelles comme celui qui se trouve sur le quai poussent le tourteau pour former un tas et faciliter le travail du bras articulé.

Pendant ce temps, à l’avant du bateau, une grue ou portique va chercher elle aussi du tourteau au fond de la cale grâce à un godet qu’on appelle aussi « crapaud ».
Comme on le voit sur cette photo, le godet va ensuite déverser le tourteau dans la trémie, une sorte d’énorme entonnoir.

Si vous voulez avoir une toute petite idée de la taille immense de toutes ces installations, eh bien regardez cette petite fille à côté d’un « crapaud ».
Coucou !
Et maintenant regardez le crapaud sur la photo de gauche, et essayez d’imaginer quelle serait la taille de la petite fille par rapport à la trémie !
Mais revenons à notre tourteau ! Où va-t-il ensuite ?

Le bras articulé et le crapaud versent tous les deux le produit dans une trémie, ce qui produit énormément de poussière. Le tourteau tombe ensuite sur un tapis roulant qui l’emportera dans un entrepôt situé en arrière du quai.

Dans cet entrepôt, on mélangera le tourteau à d’autres ingrédients pour fabriquer des granulés. Les camions viendront ensuite chercher ces granulés pour les apporter aux animaux.

Mais le terminal agro-alimentaire entrepose de nombreux autres produits, dont certains sont liquides, comme la mélasse. Il faut alors les stocker dans des cuves. Les entrepôts et les cuves ne sont jamais complètement vides, car les déchargements de vraquiers les remplissent au fur et à mesure que les camions les vident.

Mais reprenons notre visite… Direction, le terminal charbonnier !

E) LE TERMINAL CHARBONNIER

Le charbon est importé de Chine ou d’Afrique-du-sud à bord d’un bateau appelé minéralier qui est déchargé au terminal de Montoir-de-Bretagne.

Mais pas de chance, aujourd’hui aucun minéralier n’est à quai !

Bon, ce n’est pas très grave, car le déchargement du charbon ressemble beaucoup à celui du tourteau de soja : il est déchargé du bateau par un portique qui saisit le charbon avec un godet qui le lâche dans la trémie…

Puis le charbon continue son chemin sur des bandes transporteuses (tapis roulants).

Ces bandes sont protégées par des tuiles pour éviter la poussière…

Tiens, derrière les tapis on aperçoit le terminal pétrolier. Un peu de patience, on y va après !

Dans ce bâtiment, le charbon est pesé, puis il continue sa route sur les tapis roulants.

Il finira dans des entrepôts à ciel ouvert en arrière des quais, de gros tas bien noirs… et très salissants !

Oh oh, mais on dirait que j’ai parlé trop vite en disant que nous n’avions pas de chance. Regardez là-bas, au bout du quai…

Nous n’avons pas vu de minéralier, mais voilà une barge en plein chargement ! Le charbon est acheminé sur le bateau par d’autres bandes transporteuses et par un bras articulé.

Une fois pleine, la barge remontera ensuite la Loire jusqu’à Cordemais où son charbon servira à alimenter la centrale thermique, qui produira de l’électricité en faisant brûler ce charbon.

Vous vous demandez peut-être pourquoi le minéralier ne va pas directement jusqu’à Cordemais ? Eh bien c’est très simple : Cordemais est plus haut vers Nantes, et le chenal y est beaucoup moins profond qu’à Montoir. Le gros minéralier s’échouerait lamentablement sur le fond de la Loire, alors que la barge, bateau à fond plat qui ressemble beaucoup à une péniche, peut y parvenir sans problème !

Mais il est l’heure de nous diriger vers notre dernière étape, le terminal pétrolier. C’est juste à côté… Et comme vous l’avez vu, un pétrolier tout chaud nous y attend !
F) LE TERMINAL PETROLIER

Le terminal pétrolier se trouve à Donges.

Les sept postes pétroliers du site de Donges sont réservés à l’importation de pétrole brut et à l’exportation de produits raffinés pour le compte de la société TOTAL. Ils alimentent la 2ème raffinerie française, dont la capacité annuelle de traitement est de 11 millions de tonnes de pétrole brut.

Le pétrole vient d’Afrique de l’ouest et du golfe Persique. Le pétrole qui vient d’Afrique est récupéré sur des plateformes off-shore, contrairement au pétrole du golfe Persique qui est récupéré sous la terre.

Un pétrolier égyptien, l’Iran Saveh, est à quai au poste n°7. Les bras articulés sont en marche : le pétrolier se décharge de son pétrole. Il va ensuite aux cuves par l’intermédiaire d’un oléoduc, conduit souterrain qui passe sous le quai.

Ensuite, il sera acheminé à la raffinerie où il sera raffiné sous forme d’essence, de fuel (gasoil) ou encore de kérosène pour les avions. Une fois raffiné, il partira soit par oléoduc (il y en a plusieurs, mais le plus long va jusqu’en Allemagne), soit par camion citerne.

La proue de l’Iran Saveh. On peut voir son nom, inscrit en anglais et en arabe ainsi que les câbles d’amarrage. Les marques de tirant d’eau sont aussi très nombreuses, même si on ne les voit pas sur la photo. Ces marques servent à savoir à quelle profondeur le bateau s’enfonce dans l’eau. Au fur et à mesure que le bateau se décharge, il s’allège et il remonte vers la surface, les marques deviennent donc de plus en plus visibles au dessus de l’eau. Il est possible de savoir de cette manière que l’Iran Saveh est presque vide et va bientôt repartir faire le plein de pétrole en Afrique, même s’il faut plusieurs jours pour décharger un pétrolier.
Quand il est plein, on ne voit plus du tout la partie rouge de la coque, seule la partie noire est alors émergée !

La visite est déjà finie ! J’espère qu’elle a été agréable et que vous avez appris beaucoup de choses. En tout cas, il a fait un temps magnifique ! Des conditions idéales pour remonter l’estuaire ! Je vous dis à bientôt et je vous laisse rentrer à St Nazaire en bus, car mon pilote chéri doit aider un capitaine à remonter un chargement de bois exotique jusqu’à Nantes.

  P. Quélard, 12h00 :: :: [0 commentaire]

3 Février 2015

Atelier robotique en CLIS

Journal

Hier, lundi 2 février, un monsieur qui s'appelle Yann, qui travaille à IBM, est venu dans notre classe. Il nous a montré un robot légo en forme de crocodile. Le crocodile est branché sur l'ordinateur. Le crocodile a un détecteur de mouvement tout au fond de la mâchoire. Quand on passe notre doigt sur la mâchoire, il ferme sa bouche. Ses pattes ne bougent pas.
Les CLIS B, Théo, Swane et Enzo de CLIS A, ont participé à la construction du crocodile.

D'abord on a construit le crocodile.

Ensuite, sur l'ordinateur, on a fait un code pour actionner le crocodile.
Le premier code a fait tourner une manivelle qui ensuite a fait tourner des roues attachées à des élastiques.
Le deuxième code a fait actionner le bruit et fermer sa mâchoire.
Yann est venu nous aider pour actionner le crocodile.

On a trouvé ça génial et amusant.

CLIS2  M. Duriez, C. Le Guenne, 19h32 :: :: [1 commentaire]

2 Février 2015

Alexis, Léa et la plume magique (juin 2002)

Souvenirs


Alexis, Léa et la plume magique

Textes et illustrations :

classes de CE1 de Chantal Carion

et de CM1 de Jean-Claude Lebeau


Alexis et sa sœur Léa habitent en face de l'école Jean Jaurès, rue du Bois Savary, au numéro 79, dans une petite maison beige avec des volets bleus et un petit jardin fleuri. La chambre de Léa se trouve en haut d'un escalier. À gauche, en entrant, elle range sa maison de poupées dans le coin sous la fenêtre. Léa aime regarder par sa fenêtre parce qu'elle voit son école.


À côté de la chambre de Léa, se trouve celle d'Alexis où sont placés, sur une étagère de bois, des chevaux miniatures dont il fait la collection. Léa a sept ans, elle adore embêter son grand frère.

Ce jour-là, celui-ci jouait avec ses petits chevaux car c'est sa passion, quand tout à coup, il entendit : " Toc, toc, toc ! "


Alexis ouvrit la porte et vit Léa qui dit de sa petite voix aiguë :
- Viens jouer avec moi à la poupée, Alexis !
- Non, répondit Alexis, tu vois bien que je joue avec mes petits chevaux.
- Sinon, je vais dire à maman que tu as cassé son verre préféré.
- Bon, d'accord, je viens jouer avec toi à la poupée, mais tu ne le diras pas à mes copains !

Léa repartit avec son sourire satisfait, très coquette, elle remit une longue mèche blonde et bouclée qui tombait sur son visage et ouvrit la porte de sa chambre. Alexis eut envie de se moquer de sa petite sœur mais à cause de son sourire métallique, car il avait un appareil, il n'osa pas ouvrir la bouche. De ses yeux noisette, il regarda la poupée de Léa en faisant une grimace : il n'aimait vraiment pas la robe rose de cette Barbie !


À ce moment, la voix de leur maman retentit dans l'escalier :
- Léa, Alexis ! Descendez, on a une surprise pour vous !
- Mais qu'est-ce qu'elle veut, maman ? demanda Léa, surprise.
- Les enfants, je vous ai dit de descendre!

Mais Léa ne voulait pas descendre car elle préférait jouer encore à la poupée avec Alexis. Son frère lui dit :
- J'en ai assez de jouer à la poupée ! Maman nous a appelés deux fois, il vaudrait mieux descendre, sinon on ne va pas avoir la surprise et c'est peut-être une bonne surprise !

Alexis se leva, il sortit de la chambre de sa sœur et descendit l'escalier en courant. Léa rangea ses poupées en vitesse et, tout en descendant rejoindre son frère, elle demanda :
- Alors maman ! C'est quoi la surprise ?
- Ah ! Oui ! Maman, c'est quoi ? s'impatienta Alexis.


La maman ne dit rien et sortit quatre billets de sa poche : deux bleus et deux verts.
- Cet après-midi, papa et moi nous vous emmenons au théâtre Athénor.
Léa et Alexis poussèrent de grands cris joyeux :
"Youpi, super, c'est trop bien ! "

Alexis demanda alors à sa maman :
- Est-ce qu'on y va maintenant ?
- Non, le spectacle commence à 14 heures ! On va d'abord manger et on partira à moins le quart.

Pendant que la maman préparait un barbecue pour le déjeuner, Alexis et Léa mirent la table dans le jardin. Ils étaient pressés et excités ! Léa était tellement agitée que, pendant le repas, elle renversa son verre sur son tee-shirt et fut obligée de se changer.

En descendant de sa chambre, elle cria :
- Maman ! C'est l'heure, on va être en retard !

Toute la famille se prépara et partit au théâtre.


Quand ils arrivèrent, Benjamin le magicien commençait tout juste à se préparer dans les coulisses.
Sur scène, les lumières s'éteignirent, puis un éclairage de couleur apparut. Ils étaient bien installés.

Benjamin fit apparaître et disparaître de magnifiques perroquets.

Après un tour de magie, Benjamin appela Léa et Alexis sur scène. Ils se demandèrent pourquoi, ils essayèrent de se cacher derrière des personnes. Le magicien insista :
- Mais venez, venez, n'ayez pas peur.

Alexis et Léa s'entraidèrent et montèrent sur la scène mais toujours un peu effrayés. Benjamin leur donna la photo d'une plume d'écolier d'autrefois et, derrière, un message était écrit :

" La plume magique vous servira à retourner en 2002,mais pour cela, vous
devrez la chercher dans l'école et me la rapporter.
Signé : Benjamin le magicien. "

Le magicien les fit s'installer dans une grande boîte décorée avec des étoiles brillantes. Quand ils entrèrent dans cette sorte de cabine, ils découvrirent un écran 16/9ème qui indiquait les années jusqu'à 1952. Ils s'assirent devant le tableau de bord et virent une sorte de bouton en forme de flèche qui les intrigua. Ils sentirent une vibration et virent des images apparaître. Au fur et à mesure que le curseur en forme de flèche défilait sous les années, ils virent l'inauguration de la Sirène, la construction du paquebot " Millenium ", celle de " Cinéville ", du paquebot dans le centre-ville, le premier homme sur la lune, etc… comme un film à l'envers de notre année jusqu'à l'année 1952.

Enfin, la vibration cessa, une petite ampoule s'alluma, la flèche s'était immobilisée sur l'année 1952. Une voix métallique leur dit " Vous êtes en 1952, votre trajet du théâtre Athénor en 2002 à destination du terrain vague en 1952 est terminé. J'espère que vous avez bien profité du voyage. "

Léa et Alexis sortirent de la boîte et se retrouvèrent en effet dans un terrain vague. À peine furent-ils sortis que la boîte se volatilisa.


Les deux enfants regardèrent autour d'eux et virent une école qui ressemblait beaucoup à la leur. Dans la rue passaient de vieilles automobiles et une moto grise. Alexis était content et curieux, enfin il allait pouvoir découvrir la ville en 1952 ; Léa avait peur car elle ne connaissait personne ici, à part Alexis.

Alexis et Léa arrivèrent à l'entrée d'une école. Au bout d'un moment, après en avoir fait le tour, ils la reconnurent : c'était leur école, elle était toute neuve mais c'était bien l'école Jean Jaurès. Léa se mit à pleurer.
- Pourquoi pleures-tu Léa ? Ne pleure pas, tout va s'arranger, la consola Alexis, nous retournerons chez nous en 2002.

Et ils entrèrent dans l'école. Ils furent tout à coup entourés par un groupe de garçons.
- Hé, les gars, venez voir, des étrangers !
- Nous ne sommes pas des étrangers, nous sommes français, répondit Alexis en passant son bras autour du cou de sa sœur.
- Elle aussi, elle est française ?
- Bien sûr, c'est ma petite sœur, répondit Alexis.
- Vous êtes vraiment habillés d'une drôle de façon !
Qu'est-ce que vous venez faire ici ? demandèrent les garçons en les observant de la tête aux pieds.
- Euh… Nous venons de déménager, nous étions dans une autre école, mentit Alexis.
Léa s'exclama :
- C'est même pas vrai, d'abord, on vient chercher une plume mag…
- Tais-toi, l'interrompit Alexis, ne l'écoutez pas, elle a fait un drôle de rêve cette nuit…

À ce moment, la sonnerie retentit. Les garçons emmenèrent Alexis et Léa chez le directeur de l'école des garçons. Celui-ci leur posa plusieurs questions car il ne les connaissait pas et s'étonnait de leur présence. Alexis raconta que leurs parents étaient encore occupés à déménager et qu'ils ne pouvaient pas venir les inscrire pour l'instant.

Le directeur les accompagna chacun dans une classe : Léa à l'école des filles et Alexis chez les garçons.


- Asseyez-vous, les enfants, ouvrez votre cahier, prenez votre porte-plume et écrivez la date, dit le maître de CM1 tout en donnant à Alexis le matériel dont il avait besoin : un cahier, un porte-plume et une plume " Sergent Major ", puis il mit un peu d'encre dans l'encrier de sa table.

Alexis commença à écrire la date sur son cahier mais il avait trempé sa plume trop profondément dans l'encrier et une grosse tache apparut sur son cahier tout neuf. Tout à coup, il ressentit une brusque douleur aux doigts. Il n'avait pas vu qui lui avait donné le coup de règle :
- Aïe ! Espèce de … en disant ces mots, il releva la tête et vit son nouveau maître rouge de colère.
- Oups ! fit-il, excusez-moi maître, je croyais que…
- Espèce de petit mal élevé ! Va au piquet sans discuter !
- Un piquet ? Mais, maître je ne vois pas de piquet dans la classe !
- Mais tu te moques de moi, petit insolent ! pour ta peine, tu passeras la récréation à écrire cinquante fois " Je ne dois pas me moquer de mon maître ", tu feras signer ta punition par tes parents et par monsieur le Directeur pour lundi sans faute, hurla le maître en trépignant.
Le pauvre Alexis qui ne comprenait rien à ce qui se passait reçut une volée de coups de règle et alla se réfugier dans un coin de la classe.

Pendant ce temps, dans la classe de CE1, la nouvelle maîtresse de Léa demanda :
- Qui voudra bien remplir les encriers de ses petites camarades pendant la récréation ?
- Les encriers ? se demanda Léa, qu'est-ce que cela peut bien être ?
Elle leva le doigt pour avoir des explications. La maîtresse, croyant qu'elle était volontaire lui dit :
- C'est gentil à toi, Léa, de te proposer dès ton premier jour avec nous, ce sera donc toi qui remplira les encriers.


Léa resta donc seule pendant la récréation ne sachant toujours pas ce qu'était un encrier. Elle remplit les plumiers dont plusieurs débordèrent. L'encre violette se répandit sur certaines tables. Elle essaya de l'essuyer mais ne réussit qu'à l'étaler un peu plus.

Quand, tout à coup, elle vit ses camarades qui la regardaient d'un air furieux : la récréation était terminée mais elle était trop absorbée par sa bêtise et ne les avait pas entendus entrer.
- Maîtresse, maîtresse, la nouvelle, elle a mis de l'encre partout sur ma table!
- Sur la mienne aussi !
- Et la mienne !
Un brouhaha emplit la classe,
- Mais que se passe-t-il ? Taisez-vous les enfants ! hurla la maîtresse, puis s'adressant à Léa :
- Ah ! Mais Léa, qu'as-tu fait ?
- Mais j'ai rempli les encriers comme vous me l'avez demandé ! répondit Léa en se cachant derrière ses camarades.
- Il n'y avait donc pas d'encriers dans ta classe ?
- Non mais il y avait des ordinateurs !
- Sais-tu à qui tu t'adresses, petite impertinente ? Je vais t'emmener tout droit chez Monsieur le Directeur de l'école des garçons, le plus sévère ! La maîtresse traîna Léa en larmes jusque chez le directeur.

La petite fille ne cessa de pleurer qu'en entendant la voix d'Alexis :
- Qu'est-ce que tu fais là ? demanda celui-ci.
- La maîtresse, elle m'a grondée très fort parce que j'ai renversé de l'encre, répondit Léa tout en essuyant ses larmes avec sa manche droite, et toi, pourquoi t'es là ?
- Ben, j'suis puni à cause d'une espèce de piquet, je t'expliquerai.


Le directeur, furieux emmena les deux enfants en direction de la cantine et leur fit descendre l'escalier qui menait à l'endroit le plus sale et le plus sombre de l'école : le sous-sol. Il leur donna deux balais, ils comprirent alors qu'ils devaient nettoyer cet endroit sinistre.

- J'aurais préféré avoir un aspirateur ! soupira Léa.
- Si ce soir à 5 heures, vous n'avez pas tout nettoyé, même les toiles d'araignées, lundi vous devrez poncer et cirer toutes les tables de vos camarades de classe, annonça le directeur en claquant la porte derrière lui.


- Alex, j'ai trop peur des araignées ! gémit Léa en s'agrippant à lui et en tirant sur son tee-shirt.
- Ne t'inquiète pas petite sœur, je m'occupe des araignées et toi tu balaies, la rassura fièrement le garçon.
Et ils commencèrent à nettoyer le sous-sol.

Après un petit moment, pour faire une farce à sa sœur, Alexis fit semblant de lui lancer une énorme toile d'araignée. Léa se sauva en criant et son pied heurta un objet duquel jaillit une lumière éblouissante dorée et argentée.
- Qu'est-ce que c'est que cette lumière ? D'où vient-elle ? s'exclama Alexis.
Intrigués, les deux enfants s'approchèrent de l'objet inconnu.


Peu à peu, leurs yeux s'habituèrent à la lumière et ils virent une jolie petite boîte rouge et or de forme rectangulaire qui s'était entrouverte lorsque Léa l'avait heurtée. C'est de ce coffret que s'échappait cette mystérieuse lumière. Alexis ouvrit la boîte et les deux enfants découvrirent que la lumière venait… d'une plume !!!
- Waouh ! C'est joliiii ! s'exclama Léa.

- Ça doit être la plume que Benjamin le magicien nous envoie chercher ! ajouta Alexis.

Comme les enfants avaient hâte d'essayer la plume, Alexis sortit un carnet qu'il gardait toujours sur lui. À peine l'eut-il sorti de sa poche que la plume commença à courir sur le papier. Voici ce qu'elle écrivit d'une belle encre dorée :

C'est un cube avec des points noirs.
Elle sert à couper le bois.
Il se trouve au milieu du visage.
C'est la troisième lettre de l'alphabet.
C'est le diminutif de " garçon ".
C'est la dernière syllabe de " signer "
Cette énigme vous indiquera comment m'utiliser.

Puis elle retourna dans son boîtier qui se referma brusquement en faisant entendre deux tours de clé. Léa se précipita mais ne parvint pas à l'ouvrir.
- Je veux la plume !
- Aide-moi plutôt à résoudre cette énigme, proposa gentiment Alexis, sinon nous ne pourrons pas l'utiliser.

Léa commença alors à lire l'énigme en suivant avec son doigt. Elle s'exclama :
- Je sais, je sais, c'est le C, la troisième lettre de l'alphabet, c'est le C !
- Tu as raison Léa, et cette énigme ressemble beaucoup à une charade.

Les deux enfants trouvèrent les solutions de chacune des phrases, Alexis les écrivit : dé, scie, nez, C, gars, gner. Léa lut à voix haute : " Dessinez c'est gagné ! "
À ce moment, la boîte s'ouvrit après les deux tours de clé. Léa se précipita pour s'emparer de la plume mais Alexis l'arrêta :
- C'est moi qui prends la plume parce que maladroite comme tu es, tu risques de la casser.
- Mais, heu, arrête de me traiter comme ça, je ne suis pas un chien. Tiens, en parlant de chien, je peux en dessiner un ?
- Oh, c'est pas le moment de dessiner, Léa !
- Allez, s'il te plaît, implora-t-elle en faisant tourner une mèche de ses cheveux blonds autour de son index.


- Bon, d'accord, tiens, voilà mon carnet.
Léa prit une nouvelle feuille et dessina aussi bien qu'elle put un joli petit chien. Tout à coup, le dessin sembla s'éveiller et le chien sortit de la feuille comme si c'était naturel. Il se mit à grossir, c'était un beau chien blanc avec des taches noires.

Il avait des yeux bleus comme le ciel. Il s'étira et se gratta l'oreille avec sa patte arrière. Les deux enfants l'admiraient bouche bée. Alexis le caressa.

- Tu as vu, c'est magique ! s'exclama Léa, le dessin est devenu vivant !
- Oui, alors dessinons la boîte qui nous a amenés ici, proposa Alexis.
- Ben oui, mais qui va la dessiner ? questionna Léa.
- Moi ! Je dessine mieux que toi et en plus, c'est mon carnet !

Alexis dessina la boîte à voyager dans le temps, il la fit la plus ressemblante possible. Elle commença à sortir de la feuille comme le chien l'avait fait quelques minutes plus tôt,. Quand elle fut assez grande, les enfants y entrèrent après avoir pris soin d'emporter la plume magique bien rangée dans son boîtier. Le chien renifla la cabine et y pénétra.
Les enfants reconnurent l'écran de télévision et le tableau de bord : c'était bien la boîte qui les avait amenés en 1952. Il s'assirent et Alexis déplaça le bouton en forme de flèche. Le pauvre chien ne sembla pas très rassuré lorsque la vibration se fit sentir. Léa le pris dans ses bras et l'installa sur ses genoux. Le film qu'ils avaient vu à l'aller défila à nouveau mais à l'endroit cette fois. Lorsque la flèche s'immobilisa sur 2002, la vibration cessa et l'ampoule s'alluma. Ils entendirent la voix métallique " Vous êtes en 2002, votre trajet du sous-sol de la cantine de l'école Jean Jaurès en 1952 à destination du théâtre Athénor en 2002 est terminé. J'espère que vous avez bien profité du voyage. "

Lorsque Benjamin le magicien ouvrit la boîte, c'est Alexis qui en sortit le premier et lui remit discrètement la petite boîte contenant la plume magique.
Pourtant, ce ne sont pas les enfants qui reçurent les applaudissements du public ébahi mais leur nouveau compagnon un peu apeuré qui se blottit un peu plus dans les bras de la petite fille.
Depuis cette aventure, le chien partage la vie des enfants. Ils l'ont baptisé " Cinquante-deux ", mais ils n'ont raconté à personne, pas même à leurs parents comment ils l'ont rencontré : c'est leur secret. De toutes façons, qui les croirait ? On n'a jamais vu de chiens de cinquante ans ! Et encore moins de plumes qui posent des devinettes!

Et pourtant…

  P. Quélard, 11h44 :: :: [0 commentaire]

31 Janvier 2015

L'histoire du soldat Joseph Camille Foucaud

Projets

Suite à la participation de nos élèves de CM2 à la cérémonie du 11 novembre 2014 et à l'article sur Ouest-France qui en a résulté, Mme Olga Foucaud a contacté l'école et a eu la grande gentillesse de partager des documents familiaux étonnants et poignants avec les élèves de M. Quélard, à propos du grand-père de son mari, Joseph Camille Foucaud, un Nazairien mort pendant la Grande Guerre. En ce jour anniversaire de la naissance du soldat Foucaud, il est temps de vous faire partager le résultat d'un travail de près de deux mois.


Mme Olga Foucaud, née en 1932 à St Nazaire, est la femme du petit-fils de Joseph Foucaud, qui était né lui aussi en 1932. Elle habitait déjà le quartier avant la deuxième guerre mondiale, et a vu l’école Jean Jaurès se construire dans les années 50. Son fils Frédéric (l’arrière-petit-fils de Joseph Foucaud), aujourd’hui âgé de 56 ans, y a fait toute sa scolarité. Mme Foucaud a déjà témoigné sur l'opération chariot dans les colonnes de Ouest-France.(photo Ouest-France)


Joseph Foucaud est né le 31/01/1882, à Curzon, en Vendée.

Avant d’être mobilisé, il était chef d’une entreprise de plâtrerie-marbrerie installée à Saint-Nazaire, qui s’appelait l’entreprise « Camille Foucaud ». Camille était son deuxième prénom. Tout le monde l’appelait Camille, et non Joseph, peut-être parce que Joseph était un prénom trop commun. Il était marié à Marie Morice, avec laquelle il avait eu un fils en 1907, nommé Camille.

Ayant fait son service militaire en 1902, il a 32 ans au moment de la déclaration de guerre le 01/08/1914. Il n’est donc pas immédiatement mobilisé : c’est un réserviste. Suite aux terribles pertes des premiers mois de guerre, il est rappelé à son régiment, le 65ème régiment d’infanterie de Nantes, dès le 30/10/1914, au grade de caporal (il commande donc une escouade de 15 hommes).

Durant l’année où il est à la guerre, Joseph correspond régulièrement avec une femme nommée Mary, peut-être d’origine anglo-saxonne, peut-être une amie de la famille ou sa marraine de guerre, avec son fils Camille qu’il surnomme « Mimi », et avec ses parents, en particulier son père.

Il participe à plusieurs combats à la fin de 1914 dans la Somme, et en 1915. En raison de sa bonne conduite au combat, Joseph est promu au grade de sergent, et commande donc une demi-section (environ 30 hommes).

Il meurt pour la France le 24/10/1915, à la fin de la bataille de Champagne, à Mesnil-les-Hurlus (département de la Marne). Le terrible hasard a voulu que la balle ou l’éclat d’obus qui l’a tué traverse la pile de cartes postales qu’il portait sur lui.

Ces cartes postales ont été récupérées par un de ses camarades et renvoyées à sa famille : une grande partie des documents publiés plus bas en sont issus, dans lesquels le trou est bien visible.

Pourtant, le corps de Joseph n’a ensuite pas pu être récupéré, ou du moins identifié, car il n’a pas de sépulture connue. Il a reçu la médaille militaire à titre posthume, qui lui a été délivrée en 1920.

Joseph avait une sœur, Marie-Alphonsine, surnommée Delphine, dont le mari (beau-frère de Joseph), Pierre Soulard, également nazairien d'origine vendéenne, est lui-aussi mort pour la France en 1915 !

Camille Foucaud, le fils de Joseph, a été marqué toute sa vie par le décès de son père en 1915, alors qu'il n'avait que 7 ans. Il est finalement devenu plâtrier comme lui.

En 1972, à l'époque où les tombes de guerre n'étaient pas aussi bien répertoriées qu'aujourd'hui, Camille, accompagné de son petit fils Frédéric Foucaud, s'est rendu dans les cimetières de la Marne pour tenter de retrouver la tombe de son père, en vain. Ils sont revenus très choqués de la vision de ces "forêts de croix"...

Texte écrit collectivement par la classe,
avec l'aimable contrôle de Mme Foucaud.



Carte de visite de l'entreprise Camille Foucaud (sources : archives familiales Foucaud)


L'unique lettre de Joseph à sa femme Marie dont nous disposons. Elle a été écrite le 31/10/1914 à Nantes, au dépôt du 65ème d'infanterie. Joseph allait partir vers la guerre dans la nuit.
(source : archives familiales Foucaud)

Nantes, le 31 octobre 1914
Dans le bureau, 11 h du soir.
Petite Marie aimée,
Il est 11 h passé. Je me mets à écrire, nous étions 6 poilus en train de trinquer avec le chef. Depuis 9 heures le temps passe en blaguant. Je remets ma lettre (à je ne me rappelle plus son nom) au lieu de l’envoyer par la poste ce soir. Je suis sorti quoique le quartier étant consigné. J’ai été avec Leneuveu dîner chez lui nous avons fait nos adieux et sommes rentrés. Je t’envoie l’adresse de Leneveu pour pouvoir si besoin était lui écrire : 1 rue Marivaux Nantes. Puis un autre copain : F. Garreau, 1 rue Haudaudin, Quai de l’Hôpital.
Petite Marie nous partons à 2 heures de la caserne et à l’heure qu’il est je crois que je ne dormirai pas énormément. Petite Marie tu sais il ne faut pas te faire du chagrin car il n’y a pas de raison alors que j’arriverai au point terminus je t’enverrai un mot avec adresse. Surtout tranquilise toi je pars avec quelques braves garçons on fera son possible.
Tu souhaiteras le bonjour aux amis, embrasse la famille. Je t’envoie tous mes baisers.
Ton Camille tout à toi. À bientôt.
Je vais m’allonger sur mon lit.




Carte postale envoyée le 10/11/1914 à Joseph Foucaud par ses parents. Sans doute n'était-il alors pas encore au front, car l'adresse se situe à Paris. (source : archives familiales Foucaud)




Carte de voeux pour l'année 1915, datée du 26/12/1914, écrite pour Joseph Foucaud par son amie Mary. (source : archives familiales Foucaud)




Carte de voeux pour l'année 1915 écrite pour Joseph Foucaud par son fils Camille.
(source : archives familiales Foucaud)

Cher papa,
Je t’envoie mes meilleurs vœux de bonheur et je pris le bon Jésus que tu revienne vite avec maman qui t’attend je t’embrasse ton petit mimi Camille Foucaud.




Carte postale envoyée le 24/05/1915 à Joseph Foucaud par ses parents.
(source : archives familiales Foucaud)




Carte postale non datée envoyée à Joseph Foucaud par son fils Camille.
(source : archives familiales Foucaud)




Carte postale non datée envoyée à Joseph Foucaud par son fils Camille.
(source : archives familiales Foucaud)

Cher petit papa,
Tu me dis d’être bien sage et je le suis toujours, je prie le bon jésus que tu reviennes bien vite avec nous, je t’embrasse bien de tout mon cœur et maman aussi au revoir, ton petit mimi qui pense toujours à toi. Camille Foucaud.




Probablement la dernière carte envoyée par Joseph Foucaud à son fils Camille, datée du 9/10/1915, soit 15 jours avant sa mort. (source : archives familiales Foucaud)

Samedi 9 octobre 1915
Je t’envoie cette petite carte c’était un boche qui l’avait dans son carnet, il avait dû prendre cela en Belgique car cela vient de là. Je sais par petite mère que tu ais bien sage, il faut continuer car tu sais bien je ne suis pas là et ne faut pas que tu fasses du chagrin à ta petite maman, elle me le dis et alors moi aussi cela me fait de la peine. Sois donc toujours bien mignon, apprends bien à l’école. Tu embrasseras tes grand-mères grand-pères cousins cousines.
Je t’embrasse bien fort
Ton papa.




Acte de décès de Joseph Camille Foucaud (source : SGA Mémoire des Hommes)



Médaille militaire à titre posthume de Joseph Camille Foucaud : "Très bon sergent. Mort pour la France en accomplissant bravement son devoir, le 24 octobre 1915. A été cité [à l'ordre de l'armée]." (source : archives familiales Foucaud)



Acte de décès du beau-frère de Joseph Camille Foucaud
(source : SGA Mémoire des Hommes)


Transcriptions effectuées par les élèves à partir des originaux. Merci à Mme Olga Foucaud pour le prêt de ses archives et pour l'aide apportée.

CM2  P. Quélard, 12h27 :: :: [0 commentaire]